Jeanne Added l’interview

Dans mon compte-rendu du festival de Woodstower il y a quelques semaines, je vous avais parlé d’une petite surprise, et bien la voilà ! En fait, j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Jeanne Added juste avant qu’elle ne monte sur la grande scène du Chapiteau.

Jeanne-Added-Woodstower-credit photo Woocares

Tout d’abord, merci de me recevoir et d’accepter de répondre à mes questions. Est-ce que tu peux déjà te présenter en quelques mots ? Ton âge, d’où tu viens, par exemple ?

Ça ça n’a aucune importance, ça n’a aucune incidence sur ma vie. Si ce n’est que je suis partie tôt de chez mes parents… parce que je n’aimais pas (rire). Je m’appelle Jeanne Added, je suis musicienne. Ça c’est quelques mots qui résument très bien ma vie.

J’ai vu que tu faisais de la musique depuis très longtemps, depuis toute petite…

Quasi 30 ans, oui.

Est-ce que tu peux me résumer un peu ton parcours ?

J’ai d’abord fait de la musique classique : je suis rentrée au conservatoire enfant, d’abord en violoncelle, puis après en chant lyrique quand j’étais adolescente. Parallèlement je me suis mise au jazz, et je suis partie à Paris pour faire du chant jazz. J’ai laissé tomber le violoncelle et je suis rentrée au conservatoire, au CNSM à Paris, dans la classe de jazz, en chant. Et j’en suis sortie (rire).

Et après j’ai eu beaucoup de chance, j’ai travaillé avec plein de musiciens de jazz pendant des années, en tant qu’interprète de leur musique. Je ne chantais quasiment pas de standards, pas de jazz traditionnel, c’était que du jazz contemporain avec de la musique originale. J’ai fait ça pendant des années puis à un moment donné ça ne collait plus avec la personne que j’étais en train de devenir. Alors j’ai arrêté de chanter pour les autres et je me suis mise à écrire ma musique.

Et ta musique justement, comment la décrirais-tu ?

Moi J’y réponds simplement à ça : je dis que c’est de la pop parce qu’il y a des mélodies, de l’électro, de fait, parce qu’on l’a produite par ordinateur, avec Dan Levy de the Dø, et du rock parce que je pense qu‘en terme d’énergie, en tout cas au moins sur scène, c’est plutôt ça l’esprit.

De quoi parlent généralement tes chansons ? Est-ce qu’il y a une thématique qui revient ?

Sur l‘album, qui s’appelle « Be sensational » et qui est sorti en juin, je parle beaucoup de comment j’envisage ma participation au monde : si j’y participe ou pas, comment ? En fait je crois que ça parle du fait de faire cet album. Ca parle de ce que j’étais en train de faire, à savoir un disque : est-ce que j’arrive à le faire, est-ce que je n’y arrive pas, est-ce que je m’autorise à la faire ou pas, etc… D’une manière métaphorique évidemment, mais je pense que ça parle de ce que j’étais en train de fabriquer à l’époque et de comment c’était difficile de le sortir de moi alors que j’avais très très fort besoin que ça sorte.

Quelles sont tes principales inspirations ? Que ce soit musicales ou autre

Pour le disque je parle souvent de Peaches parce que c’est quelqu’un qui m’a fait vachement de bien, à l’écouter. C’est quelqu’un qui m’a autorisée justement, qui m’a encouragée, qui m’a inscrite dans sa musique. En tout cas pour moi, il y avait un message qui me disait que je pouvais le faire, qu’il fallait juste y aller, mettre les mains dans le cambouis. Et c’est ce que j’ai fait. Après j’ai beaucoup écouté Hole pendant que j’écrivais, qui m’a donné pas mal d’énergie. Pendant des semaines, chaque fois que j’arrêtais d’écrire je mettais « Live through this », le premier album de Hole, qui me mettait des décharges électriques monumentales. Et puis après, moi ce que j’écoute depuis des années, c’est quand même beaucoup de R’n B, de hip-hop, des gros trucs, des gros sauciflards tubesques et compagnie, je suis pas mal branchée là-dessus.

Tu es en pleine tournée, plein de festivals cet été, tu étais hier à Rock en Seine, pas mal de dates à l’automne, Comment le vis-tu ?

De faire des concerts ?

Oui, d’avoir une grosse tournée.

Ah ben je le vis très bien… Nan, je fais la gueule (rire)

Non, mais le « succès », on va dire ?

La gloire, l’argent, les grosses voitures … (rire).

Non, évidemment, c’est génial de faire des concerts. Parce que c’est ça qui se passe : on fait des concerts. Le fait d’avoir une couverture médiatique permet de faire des concerts, donc ça c’est fabuleux. Moi je fais ça pour ça. Ca me permet de faire de la musique, de pouvoir en refaire après. Je sais que je vais pouvoir faire un deuxième disque, qu’on ne me le refusera pas, donc ça c’est déjà énorme. Après, moi je pense que ce métier-là me va bien parce que je n’arrive pas à me projeter au-delà de deux ans dans ma vie. Donc même si c’est difficile, c’est parfait pour moi que ça puisse être aussi incertain que ça, que tout soit à construire au fur et à mesure, tout le temps dans ce métier. Après je suis extrêmement heureuse de tourner, de faire des concerts, c’est fabuleux.

Est-ce qu’il ya un musicien ou un groupe avec qui tu aimerais jouer, dans tes rêves les plus fous ?

Dans mes rêves les plus fous, ce serait Prince. Mais je doute que ce soit très sympa, de jouer avec Prince, malheureusement. Mais c’est un rêve donc c’est bien, on s’en fout. Ca n’arrivera pas de toute manière donc bon… (rire)

Est-ce que c’est la première fois que tu viens à Lyon ? Est-ce que tu as un endroit que tu aimes bien ?

Non, ce n’est pas la première fois. J’ai des potes qui ont une salle, ca s’appelle le Périscope, j’y ai déjà joué plusieurs fois.

Le mot de la fin ?

Allez voir des concerts, c’est vachement bien

Ca me va (rire). Merci.

Merci à toi

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Merci à Jeanne Added pour avoir gentiment pris le temps de répondre à mes questions avant son concert, et merci à Woodstower d’avoir permis cette rencontre.

Plus d’infos sur Jeanne Added sur son site internet ou sa page facebook.

Elle sera en concert dans la région le 4 décembre au Crescent à Mâcon, et le 5 décembre au Fil à Saint-Etienne (et dans plein d’autres villes de France)

Woodstower 2015 samedi

Woodstower 2015 samedi

Woodstower 2015 samediCrédit photos Brice Robert (www.b-rob.com)

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Allez, on s’écoute un morceau quand même.

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