San Fermin

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que je ne suis pas forcément un adepte des live reports, tout simplement parce que je préfère vous parler des artistes avant le concert plutôt qu’après. Et là, je suis vraiment désolé de ne pas avoir eu le temps de le faire avant, car si vous n’étiez pas au Théâtre des Ateliers vendredi dernier, vous avez probablement raté le concert de l’année, celui de San Fermin.

  San Fermin

San Fermin est un groupe originaire de Brooklyn (encore un) formé par le jeune (24 ans) Ellis Ludwig-Leone. Cet ancien étudiant en musicologie de Yale est un disciple de Nico Mulhy, compositeur de musique contemporaine minimaliste (lui-même disciple de Philipp Glass) qui a travaillé par exemple avec Björk ou Antony and the Johnsons, mais aussi avec des chorégraphes comme Benjamin Millepied (directeur de la danse à l’Opéra de Paris à partir du 15 octobre prochain, et accessoirement petit ami et père du fils de Natalie Portman, le veinard…).

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Bref, après avoir débuté quelques expériences en solo, Ellis Ludwig-Leone sent rapidement qu’il veut faire quelque chose de grand, et surtout quelque chose avec son ami Allen Tate, qui sera l’unique voix masculine du groupe. Il réunit alors 22 musiciens pour enregistrer un album qu’il a entièrement écrit et qu’il qualifie lui-même de pop orchestrale. L’occasion notamment d’utiliser beaucoup de cuivres, dont cor et trombone, qui apporteront leur rondeur et leur chaleur aux morceaux. L’album éponyme de 17 morceaux alterne morceaux quasi-symphoniques, morceaux plus pop, voire carrément rock, mais tous font la part belles à ces voix chaudes et posées, celle d’Allen Tate et celle de la chanteuse Rae Cassidy. Le prochain album est en route, ils devraient s’y mettre sérieusement après leur tournée.

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Justement, après une tournée sold-out aux Etats-Unis, ils sont venus faire quelques dates en Europe, et ils étaient de passage à Lyon, au Théâtre des Ateliers, à l’heureuse initiative du Petit Bulletin (petite parenthèse, ne manquez pas non plus le prochain PB Live qui invitera Alela Diane à la Salle Rameau le 12 juin). Ce cadre pour le moins original (un vrai théâtre niché dans l’ancienne chapelle du couvent des Antonins, vers le quai du même nom à Lyon) a agi comme un véritable écrin au joyau qu’était ce concert, où les morceaux de l’album, déjà formidables, étaient véritablement magnifiés par l’enthousiasme et l’énergie du groupe.

Seulement 8 musiciens sur scène, mais cela permet déjà beaucoup de possibilités. La voix de la chanteuse Charlene Kay (qui remplace Rae Cassidy qui est sur l’album), et parfois celle de la violoniste Rebekah Durham, répondent avec passion à celle d’Allen Tate, alors qu’une trompette et un fantastique saxophone baryton déploient des trésors d’imagination et d’énergie (je l’ai déjà dit, non ?) pour remplacer toute la section cuivre de l’album. Ellis quant à lui, reste toujours en retrait discrètement derrière son clavier. Et comme ils n’ont pas énormément de morceaux, ils ont carrément fini avec une monumentale reprise de Heart in a cage de The Strokes.

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Bref, un concert absolument fabuleux pour un groupe encore méconnu, mais qui ne devrait pas le rester longtemps. En plus ils ont été adorables au stand de merchandising, on a pu discuter avec eux et ils nous ont même demandé des adresses de bars sympas à Lyon 🙂 Mais heureusement pour vous, France Télévision a eu la bonne idée de filmer le concert via son site Culture Box. Le set a été retransmis en direct et il est encore visible pendant 6 mois, alors foncez le voir.

Ca se passe ici (désolé, j’ai pas trouvé comment l’intégrer, il va falloir cliquer…)

Plus d’infos sur le site internet de San Fermin ou sur leur page facebook.

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