Burning Man

Hier, France 5 a diffusé un nouvel épisode de J’irais dormir chez vous. J’imagine que tout le monde connait le principe, mais pour les 2-3 au fond de la classe qui ne suivent pas, voici un rapide résumé : Antoine de Maximy, vêtu de sa traditionnelle chemise rouge et muni de caméras (une braqué sur lui à l’aide d’un bras et une autre à l’épaule qui filme ce qu’il voit), part à la rencontre des habitants d’un pays ou d’une région. Objectif, discuter avec les autochtones, se faire inviter à manger chez eux et même si possible à dormir.

 Antoine de Maximy

Antoine est quelqu’un de très jovial et à part quelques exceptions (Colombie où il a failli se faire kidnapper, Pôle Nord où on lui a volé son matériel, et Australie où les aborigènes n’étaient pas du tout contents d’être filmés par exemple), ça se passe généralement très bien et ça donne de très beaux moments d’intimité ou d’amitié avec des inconnus qui lui ouvrent assez facilement leurs bars et leurs portes.

Cette fois-ci, Antoine a choisi une destination un peu spéciale, le festival Burning Man, qui se tient tous les ans fin août à Black Rock City, une ville éphémère au milieu du désert du Nevada. Ce festival, qui existe depuis 1986, d’abord sur une plage au pied du Golden Gate Bridge de San Francisco, puis dans le désert du Nevada depuis 1990 pour permettre d’accueillir une communauté, les burners, de plus en plus grande, attise ma curiosité depuis que j’ai vu des petits reportages et lu des articles il y a quelques années.

 Antoine de Maximy - Burning Man

Le Burning Man est une sorte de rassemblement artistique où se côtoient installations et œuvres d’art géantes, ateliers divers, expériences encore plus diverses, etc…  Pendant une semaine, 68 000 personnes (pour l’édition 2013) se sont retrouvées pour vivre et participer à cet événement pas comme les autres. Je dis participer car pour aller au Burning Man, vous devez obligatoirement avoir un projet, vous ne pouvez pas vous contenter d’être un simple spectateur.

Burning Man  - crédit photo Scott London

Crédit photo Scott London

Lors du reportage de J’irais dormir chez vous, Antoine a par exemple rencontré, en plus des innombrables œuvres d’art souvent géantes (liste non exhaustive) : 2 hommes qui ont décidé de s’attacher pendant 24h (plusieurs mètres de corde, quand même), un artiste qui fabrique et expose des poupées gothiques, des ateliers de bondage,  des gens qui dansent nu au petit matin sur du yodle (la nudité revient assez souvent mais il faut dire qu’il fait chaud là-bas…), un homme qui a amené une église pour se marier en blanc, des matchs de boxe suspendus à des élastiques, une fête des roux (soc), des séance de douche collective avec mousse (rien de malsain, précise-t-il), des massages, un temple de méditation, etc.. etc…

Tout est possible au Burning Man, à condition de respecter quelques règles :

– pas d’animaux ou d’armes à feu

– pas d’argent : hormis le ticket d’entrée fixé quand même à 300$, on ne parle plus d’argent dans l’enceinte du festival, aucun commerce n’est autorisé

– autosuffisance : pas de commerce sur le site, donc, ni à proximité, on amène tout ce dont on a besoin, y compris de l’eau pour toute la semaine !

– pas de voiture : à part les véhicules « mutants » (appelés art cars), aucune voiture ou camion ne peut circuler pendant la semaine, du coup la plupart des gens se déplace à vélo dans cette « ville reconstitué » en forme d’arc de cercle de 2.4km de diamètre, quand même.

– pas de traces : on ramène tous ses déchets évidemment, mais depuis quelques années, même le feu est contrôlé pour ne vraiment laisser aucune trace

Burning Man - crédit photo Kyle Harmon

Crédit photo Kyle Harmon

Burning Man 2012

Le Burning Man dure une semaine, avec en point culminant, le samedi soir, le bûcher d’une statue d’homme géant en bois, le fameux Burning Man, moment festif s’il en est.

Burning man - crédit photo Jim Urquhart - Reuters

Crédit photo Jim Urquhart – Reuters

Le dimanche, les gens commencent à plier bagage, mais le soir, on met également le feu au temple dans lequel les burners peuvent laisser leurs mauvais souvenirs, comme par exemple des photos de personnes disparues, etc… C’est donc un moment plus intime, plus solennel.

Burning man temple - crédit photo Andy Barron, Associated Press

Crédit photo Andy Barron, Associated Press

Certains repartent dans la foulée, d’autres attendent le lendemain (premier lundi de septembre férié aux Etats Unis car c’est la fête du travail) pour cet exode massive hors du désert et de cette parenthèse enchantée.

Personnellement, je suis ressorti un peu groggy et assez émerveillé de ce reportage, alors j’imagine sur place… D’ailleurs Antoine le dit lui-même en guise de conclusion de son reportage :

« Je n’ai pas pu filmer tout ce que j’ai vu ; je n’ai pas pu montrer tout ce que j’ai filmé ; un seul conseil : allez-y« .

Mais en attendant de pouvoir y aller, n’hésitez pas à voir ou revoir ce reportage très intéressant sur le site de France 5, jusqu’à vendredi prochain.

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Et sinon, pour en prendre plein les yeux, retrouvez de superbes photos ici, ici ou encore .

Edit : d’autres photos de l’édition 2012 ici.

Et pour prendre un peu de hauteur, je vous propose cette petite vidéo tournée par une GoPro fixée sur un drone.

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Ainsi qu’une interview de Larry Harvey, fondateur du Burning man.

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Alors, qui m’accompagne l’année prochaine ?

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Merci à Littlecelt d’avoir attiré mon attention sir cette émission sinon, je l’aurais probablement ratée.

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Edit : un article de quelqu’un qui n’a pas vécu le festival de la même façon qu’Antoine de Maximy à lire ici.

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