Coronado

En général il me faut du temps pour écrire un article, par exemple sur un événement ou une œuvre. Si c’est à venir, je vais me documenter, lire des articles, écouter le dernier album de l’artiste ou lire son livre. Si c’est passé, il me faut le digérer, l’analyser, peut-être en parler ou en débattre avec mes partenaires de crime, et puis surtout réfléchir à comment en parler, sous quel angle attaquer, etc…

Mais là il y a urgence. Urgence car Coronado, la pièce de théâtre que j’ai vu ce soir ne se joue plus que 3 fois. C’est un peu ce qui m’empêche d’écrire plus sur le théâtre, d’ailleurs. (peut-être que si j’étais plus souvent invité aux premières j’aurais plus l’occasion d’en chroniquer, je dis ça je dis rien… :-).

Coronado est adaptée du recueil de nouvelles éponyme écrit par Dennis Lehane. Cet auteur américain s’est notamment fait remarquer pour ses romans adaptés au cinéma : Mystic River réalisé par Clint Eastwood, Gone Baby Gone réalisé par Ben Affleck ou encore Shutter Island réalisé par Martin Scorsese. La pièce est donc actuellement jouée au Théâtre de l’Iris à Villeurbanne, proche de la station de métro Cusset, dans le cadre du festival Quai du Polar dont le plus gros a eu lieu le week-end dernier.

Coronado livre

Ici, on se retrouve plongé dans un bar miteux d’un coin perdu du fin fond des Etats-Unis. Will et Gina, deux jeunes amants, projettent de tuer le mari cocu. Un psychiatre a donné rendez-vous à une patiente qui l’attire. Et enfin un père s’en prend à son fils fraichement sorti de prison pour qu’il vainque son amnésie et se rappelle où il a caché son butin.

L’histoire est vraiment prenante et elle est vraiment bien mise en valeur par une mise en scène dynamique, cinématographique (on pense évidemment à Tarantino) et rock’n roll (superbe illustration sonore), à l’image de cette Amérique mythique des diners et des drive-ins. On n’est pas vraiment dans le far west, mais l’esprit sauvage transpire quand même dans ce polar sombre, qui ne montre pas le plus beau visage de l’humanité. On pense également aux loosers des frères Cohen (comme dans Fargo, par exemple). Ce qui est certain, c’est qu’on est très vite pris dans la spirale des rebondissements, au travers des histoires croisées de ces personnages qui nous tiennent en haleine jusqu’à la fin.

Coronado - cédit photo Colas Rifkiss

Coronado – cédit photo Colas Rifkiss

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette pièce et je vous invite donc à aller la voir lors d’une des 3 représentations restantes (demain et samedi à 20h, dimanche à 16). Plus d’informations sur le site du Théâtre de l’Iris.

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