Soulages XXIe siècle

Cette période de congés de Noël m’aura permis de rattraper partiellement mon retard sur les expos lyonnaises. Je vous aurais volontiers fait un retour sur l’exposition Cage’s Satie présentée par le Musée d’Art Contemporain, malheureusement, l’expo se termine demain (dimanche 30 décembre) et il y aurait beaucoup à dire, mais plutôt avant de voir l’expo, pour vous préparer, en quelque sorte. En effet, il s’agit d’une exposition assez difficile d’accès et y aller sans un minimum de préparation était du pur masochisme intellectuel tant la muséographie est mal adaptée au grand public.

Non, je vais plutôt vous parler d’une expo que vous avez encore un peu de temps pour aller voir (mais ne tardez pas trop non plus), il s’agit de l’exposition Soulages XXIe siècle présentée par le Musée des Beaux Arts de Lyon jusqu’au 28 janvier 2013.

Affiche -Pierre Soulages-exposition-Lyon-Musée-Beaux-Arts

Pierre Soulages, vous en avez forcément entendu parler, et vous avez forcément vue une de ses œuvres tant l’homme est incontournable dans le paysage artistique français. Né en 1919 à Rodez, il a su très tôt qu’il voulait devenir un artiste, mais déçu par son court séjour à Paris où il fréquente l’école des beaux-arts, il rentre rapidement dans sa région natale.

Ce n’est qu’après la guerre qu’il revient à Paris, où ses toiles noires à base de brou de noix se heurtent d’abord à la critique. Il faudra plusieurs années pour que ses œuvres figurent dans des expositions, d’abord petites, puis collectives, d’envergure grandissante, pour finir dans les années 50 et 60 dans les plus grands musées du monde : Guggenheim ou MoMA à New York, Tate Modern à Londres, Musée national d’Art Moderne de Paris, etc…

Pierre Soulages

Mais c’est à partir de 1979 que l’œuvre de Soulages va prendre un tournant décisif. Son travail sur le noir s’enrichit des notions importantes de relief, de sillons, de marques, de volume, etc… bref, de véritable matière et texture. Son matériau n’est alors plus la peinture, mais la lumière qui se réfléchit dans cette peinture, relevant ainsi toute la puissance de l’œuvre. C’est ce que Soulages appelle l’outre-noir, son thème de prédilection depuis lors. Quand le spectateur se déplace devant le tableau, celui-ci change d’aspect en fonction de la lumière, devient presque vivant.

Soulages - triptyque

Dans l’exposition du Musée des Beaux Arts, la plupart des œuvres présentées sont des travaux récents qui datent des années 2000 (d’où le nom de l’exposition), période où l’artiste a pris un nouveau virage. Après avoir utilisé exclusivement de la peinture noire, voici maintenant qu’il la contraste avec de la peinture blanche, mais toujours avec la même idée de texture et d’œuvre changeante en fonction de la lumière.

Au deuxième étage, sont présentées 7 œuvres déjà présentées à Lyon en 1991 à l’occasion de la première biennale d’art contemporain. Chaque œuvre réutilise un élément (forme géométrique, balayage, etc…) de la précédente, créant ainsi une unité pour le spectateur attentif. D’ailleurs, je vous suggère de vous asseoir dans cette pièce et de prendre le temps de vous imprégner de ces œuvres qui invitent à la méditation. On y voit alors plein de symboles qui apparaissent petit à petit : la mer, l’horizon (élément très important pour Soulage, comme en témoigne la super villa qu’il a fait construire sur les hauteurs de Sète, d’où est originaire sa femme), la pluie, les champs, etc…

soulages

Soulages – crédit photo MBA

Vous pourrez également voir un extrait du film Agnès de ci, de là Varda, dans lequel Agnès Varda va à la rencontre d’artistes et notamment Pierre Soulages, chez lui à Sete.

Si, pour être honnête, je n’ai pas trop accroché à certaines œuvres (celles avec du blanc en fait, ou avec des marques trop prononcées qui me faisaient penser à des persiennes…), j’en ai tout de même beaucoup apprécié d’autres (notamment les 7 tableaux du 2ème étage).

Plus d’informations sur l’exposition sur le site du Musée des Beaux art et plus d’informations sur l’artiste sur le site internet qui lui est dédié.

Il existe également une application sur smartphone, mais je n’ai pas eu le temps de la tester.

Pour information, sachez encore qu’un musée Soulages doit ouvrir ses portes à Rodez en mai 2014.

Petit bonus : deux chouettes dessins que j’ai trouvé sur un blog que je viens de découvrir.

Je vous invite donc à aller visiter cette exposition (jusqu’au 28 janvier, donc), ne serait-ce que parce qu’il n’est pas si courant d’avoir des expos sur des artistes de cet envergure à Lyon.

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    5 COMMENTS

  • rockaknittalova
    / Reply

    Très hâte de la faire ! Je connais mal l’oeuvre mais je sens que je vais me régaler.

    Et pour Cage/Satie, comment dire…. l’accrochage est juste ridiculement snob et méprisant à l’égard du grand public. À croire qu’ils créent délibérément des expos mal foutues pour inciter les gens à faire la visite guidée. Merci le MAC mais c’est la crise ! Déjà que le prix d’entrée est scandaleusement cher…. #minuterâleuse

    • Anthony
      / Reply

      Pour Soulages, essaie l’appli smartphone, à la limite.
      Et pour le MAC, je ne suis pas d’accord pour dire que c’est cher. Le plein tarif est de 6€ (9€ pour la visite commentée) et il y a des tarifs réduits pour les étudiants. C’est bien moins cher qu’une place de ciné pour aller voir un Disney de Noël (et encore, je ne parle pas du pop-corn)

      • rockaknittalova
        / Reply

        Ah ben, je peux te dire que le ticket n’était pas à 6€ et sans visite guidée :/

        • Anthony
          / Reply

          Ah bon ? Pourtant c’est le prix indiqué, et j’ai moi-même payé 9€ pour l’entrée + visite guidée. Tu n’aurais pas payé pour deux ? 😉

          • rockaknittalova
            /

            Hé hé, plutôt l’inverse 🙂
            Mais peut-être que le tarif était au max pour cause de présentation des travaux des étudiants de l’ENS

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