Télé Gaucho

Si vous voulez aller au ciné pendant les fêtes, je vous conseille Télé Gaucho, le nouveau film de Michel Leclerc.

 Affiche Télé Gaucho - Michel Leclerc - Felix Moarin - Sara Forestier

Michel Leclerc a réalisé une petite poignée de films, peut-être vous rappelez-vous de son précédent, Le nom des gens. Dans ce film, Sara Forestier incarnait une jeune fille tellement militante qu’elle couchait avec des hommes de droite pour les convaincre de voter à gauche. Jusqu’au jour où elle tombe sur Jaques Gamblin qui ne comprend pas, puisqu’il a voté Jospin

Dans son nouveau film, la politique est une nouvelle fois abordée avec légèreté. Le film se passe à la fin des années 90, et il raconte l’histoire de Victor (Félix Moati, lumineux quoi qu’en disent les râleurs), passionné de cinéma qui décide  de laisser ses parents à Bures-sur-Yvette (d’où est originaire Michel Leclerc, soit dit en passant) pour aller vivre à Paris où il a décroché un stage dans une chaine de télé commerciale, genre TF1.

Mais un hasard en amenant un autre, voilà Victor embrigadé comme cameraman bénévole, puis chroniqueur pour une télé locale, Télé Gaucho donc, animée par une troupe de personnages hauts en couleur : on y trouve un anarchiste doux rêveur persuadé d’être le nouveau Ché Guevarra (Eric Elmosnino, génial), une féministe limite hystérique et militante à l’extrême (Maïwenn, la gouaille idéale), un chanteur improbable qui ressemble à une moitié de Pit et Rick (Adonis, qui existe vraiment), un ancien acteur porno qui veut toujours montrer sa bite (Zinedine Soualem), la fille quelque peu dérangée d’un croque-mort (Sara Forestier, superbe et bien déjantée), ainsi que quelques autres allumés dans le même genre.

Télé Gaucho

Télé Gaucho

Victor se laisse porter, faisant le grand écart entre sa carrière potentielle d’un côté, et les idéaux auxquels il adhère assez facilement avec ses amis de l’autre. Mais si les utopies partent souvent d’un bon sentiment, elles finissent souvent par se heurter à des réalités beaucoup plus concrètes, surtout avec le temps qui passe, l’âge qui augmente, les responsabilités, etc…

Télé Gaucho

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J’ai beaucoup aimé ce film que j’ai trouvé plein de légèreté. Beaucoup d’humour et de déconne, on est loin du film intello, rien de polémique et rien de véritablement politique, mais on est très loin des beauferies de Noël habituelles.

A noter pour la petite histoire que ce film est librement inspiré de Télé Bocal, une chaine de télé associative de la région parisienne à laquelle Michel Leclerc a justement participé au milieu des années 90s, et qui existe toujours. Elle est visible sur le canal 21 de la TNT (de 23h à 2h et le vendredi de minuit à 3h), ainsi que sur certaines boxes. De plus, comme dans le film, des projections sont organisées chaque dernier samedi du mois dans leur locaux du 20ème arrondissement de Paris. Plus d’infos sur leur site internet.

Télé Bocal

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Deuxième petite anecdote, le film est sponsorisé par la région Rhône-Alpes. Les images de Bures sur Yvette ont en fait été tournées à Thurins, au sud est de Lyon, et quand Victor emmène Clara au cinéma, c’est en réalité au Zola de Villeurbanne (dont je vous parle régulièrement). Ce n’est pas si étonnant, vu le caractère associatif de ce cinéma.

Bref, je vous le recommande donc chaudement en cette période où l’on veut se divertir sans avoir l’impression d’être pris pour un idiot ou un pigeon par la souris américaine.

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