Ravi Shankar

Encore une fois, après Dave Brubeck, l’actualité me force à écrire un article en urgence (enfin tout est relatif, hein…). Peut-être en avez-vous entendu parler, mais le musicien Ravi Shankar est mort ce mardi à San Diego à l’âge de 92 ans.

Ravi Shankar

Ravi Shankar est né à Vârânasî (Bénarès), au Nord de l’Inde en 1920. Il a commencé sa carrière artistique comme danseur dans la troupe de son frère avec laquelle il a voyagé partout dans le monde, mais il a rapidement décidé de se consacrer corps et âme à la musique (c’est encore plus vrai dans le cas de la musique indienne…), en devenant le disciple du grand maître Allauddin Kan qui le prit sous son aile.

Allaudin Khan

Son instrument de prédilection est le sitar (à ne pas confondre avec la cithare utilisée en Grèce), une sorte de grand luth à long manche. Je ne rentrerais pas dans la technique car d’une part je ne connais pas trop et d’autre part ça va vous saouler, mais je vous dirais juste que l’instrument est composé d’une caisse de résonance et de cordes réparties en 3 catégories : les cordes de jeu, les cordes de bourdon (qui permettent de faire un son unique continue, comme sur une vielle à roue, une cornemuse ou sur l’album Le fil de Camille) et des cordes sympathiques (c’est-à-dire qu’elles vibrent toute seules quand leur fréquence de résonance (le fameux la à 440hz du diapason) est jouée)). Merde, j’avais dit que je ne rentrerais pas dans la technique…

Un sitar indien

En tout cas, je ne pourrais pas rentrer dans la technique de la musique indienne en elle-même, car c’est une des plus complexes. Je ne parle pas de Bollywood, mais de la musique savante qui utilise les râgas, des sortes de gammes (pour faire simple…), ou plutôt de suites de notes, basées sur des sentiments, des saisons ou des moments de la journée… Le rythme est également très important dans la musique indienne, mais c’est bien plus compliqué que chez Dave Brubeck (principalement 16 temps, mais aussi 14, 12, 10, 8, 7 ou 6…), donc je vous renvois directement à wikipedia (par exemple). Et c’est sans parler de la dimension religieuse et spirituelle

Ravi Shankar

Ravi Shankar est devenu populaire dans les années 60 et il a littéralement conquis les musiciens de l’époque. Georges Harisson (Les Beatles) est par exemple devenu son élève (il joue du sitar sur Norwegian Wood) et l’a invité à jouer à Woodstock. Brian Jones (Les Rollings Stones) a probablement appris de lui pour jouer également du sitar sur Paint it Black (pas le premier riff, mais les autres). La musique indienne étant principalement improvisée (malgré de très nombreuses règles), un rapprochement s’est également opéré avec certains jazzmen, notamment John Coltrane, qui a même appelé un de ses fils Ravi en son honneur.

Ravi Shankar et George Harrison - photo AP

Ravi Shankar et George Harrison – photo AP

Il a ensuite continué à jouer, seul ou en collaborant avec les plus grands (Philip Glass, Yehudi Menuhin, etc…), et à enseigner,  notamment à sa fille Anoushka avec qui il tournait ces dernières années. Vous les avez d’ailleurs peut-être vus à Fourvière en 2005.

Ravi Shankar et sa fille Anoushka - crédit photo AFP

Ravi Shankar et sa fille Anoushka – crédit photo AFP

Vous connaissez probablement aussi son autre fille, Norah Jones, qui a reçu 5 Grammy Awards pour son premier album Come Away With Me.

Bref, Ravi Shankar était non seulement le plus grand joueur de sitar et le meilleur ambassadeur de la musique indienne, mais il était également un des plus grands musiciens tout court.

Mais sinon, en musique, ça donne quoi (désolé pour la piètre qualité des vidéos) ?

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Pour la petite anecdote, j’ai fait toute mes révisions de bac en écoutant en boucle une cassette de musique indienne que mon prof de sax (féru de musique indienne) m’avait fait. Voilà, voilà…

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