The unspeakable Chilly Gonzales

10/06/2011

Les Nuits Sonores, ce n’est pas seulement de la musique électronique. En effet, à chaque édition, les organisateurs nous concoctent un concert spécial, complètement hors contexte, pour clôturer l’évènement. L’année dernière, c’était Pierre Henry (mais pourquoi je n’y suis pas allé, bordel…), en 2009 The residents, en 2008 Einstürzende Neubauten, etc… Et cette année, c’était « Chilly » Gonzales qui s’y est collé, avec son nouveau concept The unspeakable Chilly Gonzales.

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Pour ceux qui ne le connaissent pas, laissez-moi essayer de vous présenter le personnage rapidement. A la base, ce canadien auteur / compositeur / interprète est surtout un très grand pianiste. C’est d’ailleurs son album Solo Piano qui va réellement le révéler au grand public en 2004, car ces précédents albums, sous différentes formes et avec différentes formations, sont plutôt passées inaperçues. Pourtant, ce type est un vrai génie de la musique et il touche à tout ce qui ressemble à un instrument. On pourrait définir son style de prédilection comme une sorte d’électro-pop rap, mais il joue encore beaucoup de morceaux seul au piano (ou pour accompagner des chanteuses chiantes comme il a dit).

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Photo Gabriel Green sur le site www.stageoftheart.net

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Mais il y a quelques temps, vous l’avez peut-être entendu avec ça :

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Gonzales a beaucoup d’humour et ses concerts, ou je devrais plutôt dire ses spectacles, en sont toujours teintés. On sent parfois de la provoc, on pourrait penser qu’il est un peu mégalo, moi je pense que c’est surtout beaucoup un bon déconneur.

Il est également détenteur du record du monde du plus long concert. Il a joué pendant 27 heures d’affilé au piano (1/4 d’heure de pause toutes les 3 heures, le temps aussi de changer le public). Inutile de dire qu’il a du beaucoup improviser pendant ce concert, aussi bien au piano que pour les paroles. Petit extrait (je voulais vous mettre tout le concert, mais bon 😀 )

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Ce que Gonzales aime aussi beaucoup, c’est produire des disques. Il a notamment produit Jane Birkin, Feist (le superbe Let it die, et The reminder), Katerine (Robots après tout, qu’il a cité dimanche avec humour comme lui ayant permis de s’acheter un orchestre pour l’accompagner), Teki Latex (en concert très bientôt à Lyon, soi dit en passant), House de Racket, Ariele Dombasle, Boys Noize ou le dernier Abd al Malik.

Enfin, j’ai appris tout récemment avec beaucoup d’étonnement qu’il faisait également parti du groupe Puppetmastaz, un groupe génial composé de marionnettes qui font du rap (oui, oui). Je vous en parlerais un de ces quatre si vous êtes sages…

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Mais revenons à ce concert spécial. Notre amis Gonzo s’est donc cette fois payé un orchestre de chambre pour chanter ses chansons en « rap symphonique ». Neuf musiciens l’accompagnent donc dans cette aventure. Puisque c’est un orchestre « de chambre », il est venu en robe de chambre et en charentaise. C’est le style décalé de Gonzales.

Côté musique, les chansons avaient beaucoup de force grâce au piano et à l’orchestre. Côté chant / rap, j’avoue que j’ai été un poil déçu. Certes, on retrouve toujours la verve du Gonzo, mais je dois avouer que je m’attendais à un style plus hip-hop américain. Mais bon, il a conservé son style, après tout il ne va pas complètement tout changer et c’est vrai qu’il rappe déjà assez régulièrement sur ses derniers albums.

Extrait (désolé pour la qualité)

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J’ai bien aimé aussi le fait qu’il accorde son piano avec une appli iPad. D’ailleurs, il s’est servi plus tard de son iPad pour nous raconter l’histoire de 3 petites notes qu’il avait écrites….

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Ça vous rappelle quelque chose ? Et oui, c’est lui qui a écrit cette musique. Comme il dit : « Peut-être que vous ne trouvez pas ça bien, mais il y a un type qui s’appelle Steve Job qui lui, trouve que c’est génial ! » (Tiens, ça me fait penser qu’il faut vraiment que je commence une rubrique musique de pub)

Autre regret aussi, le concert était trop court : 1h30 rappel compris. Mais bon, comme a dit très justement un ami : pour un gars qui a joué pendant 27 heures… Au passage, le deuxième rappel était très drôle : il a indiqué à chaque musicien de jouer telle ou telle note (toi tu fais 8 noires : sol et la, etc…) et au final, ça donnait la musique de K 2000 !!

Au début, je pensais que ce concert était unique, mais en fait il était le premier d’une tournée qui est notamment passée par la Cigale lundi soir. A la sortie du concert, on nous a même distribué le livret du CD avec les paroles!!!  J’ai pas trop compris l’idée à vrai dire…

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Bref, pour résumer, c’était quand même un très bon concert, mais à force de mettre la barre haute, on s’attend toujours à mieux.

Plus d’infos sur son site.