Rencontre avec Erwan Pinard

Si vous me lisez attentivement depuis quelques années, vous vous rappelez peut-être que je vous ai parlé plusieurs fois du chanteur lyonnais Erwan Pinard. Il sera en concert ce jeudi 21 décembre au Transbordeur, et à cette occasion, j’ai pu lui poser quelques questions.

Bonjour Erwan, peux-tu te présenter brièvement ?

Et bien je m’appelle Erwan Pinard, je fais de la chanson, avec ma guitare et tout ce qui se passe dans mon cerveau, on va dire.

Comment qualifierais-tu ta musique ? Tu as parlé de chanson ?

Je pourrais également parler de rock. Du rock avec des mots français dedans, rien de très révolutionnaire, en somme. Mais c’est aussi un peu punk, un peu crooner, avec de la poésie, parfois un peu bizarre, un peu tordue ou sombre, de l’humour noir. Le mot chanson ou le mot rock, dès que tu les prononces, ils sont tout de suite démodés, sectaires. Mais bon, il faut bien faire avec les mots qui existent. C’est dur de définir sa musique, je ne sais pas la vendre, moi. Je la fais et puis voilà (rires). Mais si ma musique peut remuer des émotions, faire bouger la tête ou se laisser transporter quand on est sur l’autoroute en l’écoutant à fond, ça me va.

De quoi parlent généralement tes chansons ? J’ai cru comprendre que ton dernier album « Obsolescence programmé » t’avait été inspiré par une séparation ?

Une séparation, oui, ou un truc qui ne s’est pas passé exactement comme prévu, on va dire. Une relation amoureuse qui finit mal, voire une relation qui ne commence pas, ou qui sans arrêt trébuche et qui finalement ne prend pas. C’était super (rires). C’est très inspiré de ça, effectivement. Mais plus généralement, et même dans ce dernier album d’ailleurs, j’essaie de ne pas être trop  nombriliste, de regarder un peu autour de moi comment les gens vivent, comment la terre tourne, et j’intègre ça à mes soucis et mes douleurs personnelles, ou à mes joies. J’essaie d’inviter le monde entier dedans et d’en faire une tambouille.

Tu dis des joies, mais globalement, moi ce que j’ai retenu, c’est quand même plutôt un peu sombre  ou cynique.

C’est un peu cynique, oui, mais le cynisme c’est un filtre, une frontière, une sorte de pudeur. Comme l’humour, pour tourner autour de choses un peu glauques, un peu noires et en rire ou s’en moquer. Je préfère rire et me moquer de moi-même que des autres, ça c’est sûr. Je dirais que c’est ce ton que j’aborde. Je n’arrive pas à écrire une chanson s’y on n’y rigole pas un peu, si je ne dénonce pas un petit travers. Travers qu’on retrouve chez tout le monde, je suppose.

Quelles sont tes inspirations ? Musicales ou autre ?

Musicales il y a un peu de tout. J’écoute, je picore, je papillonne pas mal. Ca va de la Renaissance jusqu’à aujourd’hui. Chez les anciens j’aime bien Bach, Vivaldi, ou les Romantiques, qui font des choses d’une beauté incroyable. Sinon dans la musique plus moderne, j’ai été bercé par la chanson française de Brassens, Brel, tout ça. Maintenant j’écoute surtout du rock, anglo-américain, comme les Pixies, par exemple. Et en ce moment j’écoute beaucoup Nina Simone. Dans les nouveautés je ne sais pas trop, j’apprécie beaucoup les chanteurs Nicolas Jules ou Batlik. Mais ça va aussi du folk américain au rock, un peu de chanson française, du classique, un peu tout ça, quoi. Je ne sais pas si ça se retrouve dans ma musique, mais je ne m’interdis rien.

Et dans les choses pas musicales, j’aime bien la BD. Et le dessin de presse, dire plein de trucs en un dessin. J’aimerais pouvoir faire ça dans mes chansons, dire plein de choses en une phrase, quelque chose de concis, comme une punchline ou un tweet.

Tu joues parfois seul, parfois avec des musiciens, quelle sera la formule au Transbordeur jeudi prochain ?

Ce sera avec mes musiciens, en trio. Moi à la guitare, au chant, et un peu à la trompette, et les 2 autres ils habillent tout ça, ils donnent du coffre, Jérôme Aubernon à la guitare et son frère Lionel à la batterie.

La question qui tue : Erwan Pinard, c’est ton vrai nom ?

Oui (rires). Maintenant on fait avec, mais je pense que ça m’a mis quelques bâtons dans les roues. J’ai été catalogué chanson festive, pouet pouet on va boire un coup, alors que non. Mais au début je n’avais pas pensé que je jouerais dans des grandes salles ou que je serais interviewé, c’était Erwan Pinard, mon nom, quoi.

Il me semble que tu es également prof de musique en collège, comment ça se passe ?

J’ai repris un temps plein au collège, mais il y a de plus en plus de dates, donc ça commence à être compliqué, j’attends les vacances avec impatience. Avec les élèves ça se passe bien. La plupart sont au courant que je joue à droite à gauche et vu que je suis prof de musique, je trouve que ça rajoute une certaine légitimité. Ca me donne de l’aisance avec les gamins. On n’est pas copains non plus, mais ça apporte une sorte de respect mutuel. Il y en a qui ont vu mes vidéos débiles sur Youtube, mais c’est à moi de gérer, pour ne pas que ça déborde, qu’ils pensent que le prof est un rigolo et qu’ils en profitent.

Certains sont venus te voir ? Ils t’en ont parlé ?

Comme ils sont au collège, ils sont encore un peu jeunes pour sortir dans les concerts, mais j’ai vu sur facebook que des anciens élèves vont venir jeudi au Transbordeur

Y-a-t-il un musicien, un groupe avec qui tu aimerais jouer ? Dans tes rêves les plus fous par exemple…

Non, pas spécialement. Ca ne veut pas dire que je ne voudrais jouer avec personne, mais je n’ai pas de rêve ou de fantasme, donc du coup pas de frustration, je prends tout ce qui vient. Après si tu me dis que je vais jouer avec Nick Cave, je serais content, oui (rires).

Après le Transbordeur, il y a d’autres dates ?

A Lyon, non, mais il va y avoir pas mal de dates globalement, à Nantes, en Vendée, quelques dates à Paris, puis je retourne au Québec en juin, et avec mes musiciens il y aura une tournée cette été, 15 jours d’affilés. Parce que là pour l’instant, c’est week-end et vacances.

Et il y a des nouvelles chansons en préparation ?

Justement, on s’est vus aujourd’hui, et on se voit demain et après-demain avec mes musiciens, car je voudrais présenter des nouvelles chansons jeudi au Transbo. Parce que je sais qu’il y aura pas mal de têtes connues, qui me connaissent déjà bien, et je n’aime pas resservir la même chose aux gens. Il y aura une grosse base qu’on connait, je ne change pas tout non plus, mais il y aura des nouveautés en vue d’un prochain album que j’aimerais faire l’an prochain, en fin d’année ou début 2019.

Est-ce que tu peux nous conseiller une adresse à Lyon ? Un bar, un restau, une salle de concert, ce que tu veux.

Comme salle de concert, j’aime bien le Périscope, ils ont une super programmation. En bar, j’ai joué récemment au Bouillon Paradis dans le 7ème et c’est assez sympa. Ils font parfois des concerts le dimanche, il faut faire un peu sa place, mais l’ambiance et la bouffe sont bonnes, c’est bon enfant. Et on peut aussi parler de De l’autre côté du Pont, sur le Cours Gambetta. Parce que j’ai un peu fait le tour des rades à la Croix Rousse, ça me fatigue (rires).

Le mot de la fin ?

Je ne sais pas (rires).

 

Plus d’infos sur Erwan Pinard sur sa page facebook et plus d’infos sur le concert du jeudi 21 décembre au Transbordeur sur facebook ou sur le site du Transbordeur.

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