Mommy

Je suis content car je retourne un peu au ciné ces derniers temps. Après Gone Girl la semaine dernière (très bon polar passé la première partie un peu mou du genou), je suis allé voir le film qui a été encensé par toutes les critiques, Mommy, de Xavier Dolan (qui se prononce comme Doliprane, comme il a dit sur twitter…).

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Xavier Dolan est un très jeune réalisateur, puisqu’il n’a que 25 ans. Pourtant, il en est déjà à son cinquième long métrage, et dès le premier, Jai tué ma mère, il avait frappé fort et avait été ovationné par les critiques, notamment à Cannes où il a reçu 3 prix à la Quinzaine des Réalisateurs en 2009. S’en suivent alors Les amours imaginaires, Laurence Anyways, Tom à la Ferme, et enfin Mommy sorti la semaine dernière. Tous ses films sont acclamés par la profession, et il collectionne les nominations et les prix dans tous les festivals de cinéma du monde, ce qui lui vaut le surnom de jeune prodige du cinéma québécois. Mommy a par exemple été nommé dans 16 festivals et a reçu le Prix du Jury au dernier festival de Cannes.

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Xavier Dolan à Cannes, crédit photo Loic Venance

Mommy raconte l’histoire de Diane, veuve depuis 3 ans et fauchée, qui récupère la garde de son fils turbulent de 15 ans, Steve, après que celui-ci ait mis le feu à son centre de rééducation. Steve est atteint de TDAH (Trouble du Déficit et de l’Attention avec Hyperactivité) qui le rend violent et incontrôlable quand il est contrarié. Les rapports entre Steve et sa mommy alterne donc entre amour maternel et filiale et déchainement de violence, aussi bien verbale que physique. Ce duo est complété par la voisine, Kyla, enseignante en congé sabbatique suite à un événement dont elle garde un trouble du langage en séquelle. Les trois protagonistes vont alors s’épanouir, chacun dans leur direction, au contact des autres

J’avais pris une énorme claque en sortant de Laurence Anyways (j’avoue que je n’ai pas vu les autres), et aux vues des critiques dithyrambiques que j’avais pu lire, je pensais en reprendre une. Ca a été le cas, mais légèrement moins forte que la première (peut-être que j’en attendais trop). Mommy est un film très fort et prenant et même si le thème est assez banal, la force de Xavier Dolan réside peut-être justement dans la mise en scène rock’n roll de cette vie presque banale. Les acteurs sont formidable et notamment le jeune Antoine-Olivier Pilon  impressionnant de maturité et de justesse dans le rendu des émotions.

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Antoine-Olivier Pilon, un impressionnant Steve

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Sur la forme, une bonne partie du film est filmée en format carré, accentuant l’idée d’oppression, alors que des épisodes plus enjoué et ouverts sur le monde seront traités au format traditionnel (même si certains peuvent trouver cet artifice facile). Pour ma part, je trouve que le format carré est idéal pour mettre l’accent sur les portraits (ce n’est pas un hasard s’il a été beaucoup utilisé en photo), focalisant l’attention du spectateur tout à tour sur chacun des personnages. Un autre élément important du film est la langue utilisée. Ce québécois mélangé d’argot et d’anglais (et d’insultes imagées…) parlé très vite dépasse très rapidement le spectateur qui n’a pas tout le temps de lire les (parfois indispensables) sous-titres. Le film dure 2h20, mais je vous assure qu’on ne voit pas le temps passer, impossible de sortir indemne de cette histoire prenante, que, vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement.

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Allez, je ne résiste pas également à vous faire écouter un morceau de la BO interprété par le « trésor national » du Québec

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Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire son interview dans Télérama, ainsi qu’une interview « petits papiers » filmée également pour Télérama.

En tout cas une chose est sûr, avec Mommy, Xavier Dolan prend encore de la maturité, et, bien qu’il ait annoncé vouloir faire une pause dans sa carrière cinématographique pour se consacrer à l’histoire de l’art, on n’a pas fini d’entendre parler de lui.

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